F28.3 – Entrée de Jésus à Jérusalem /  Bible Nouveau-Testament

Mt 21,1-11 :

1 Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples 2 en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi.

3 Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : “Le Seigneur en a besoin”. Et aussitôt on les laissera partir. »

4 Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète :

5 Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme.

6 Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné.

7 Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus.

8 Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route.

9 Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »

10 Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation, et disait : « Qui est cet homme ? »

11 Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »

Vocabulaire :
Le Seigneur en a besoin :
La précision de toutes les indications que Jésus donne à ses disciples nous dévoile la parfaite connaissance qu’il avait de tout ce qu’ils allaient rencontrer en s’acquittant de leur mission. Il sait qu’ils trouveront l’ânesse et l’ânon dès leur entrée dans la bourgade (aussitôt) ; il sait que leur propriétaire, qui sans doute le connaissait, les cédera sans difficulté, parce qu’il en a besoin dans ce moment solennel.
Accomplie :  Zacharie 9,9, nous lisons: «Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse.»

 

 

Questions :

 

Commentaire :

Trois étapes dans cette entrée à Jérusalem :

1° La préparation : (v. 1-7) Ce n’est pas tant l’entrée même de Jésus qui émeut, mais la puissance symbolique de la ville, liée à l’identité de celui qui va y entrer. Jésus et ses disciples font une halte sur le mont des Oliviers. Selon le prophète Zacharie, c’est sur cette colline que Dieu posera ses pieds à la fin des temps (Za 14,4).

À l’ânon de Marc, Matthieu ajoute une ânesse (v. 2) et un peu plus loin, il écrit que Jésus “ s’assit sur eux ” (v. 7), étrange équipage pour un seul homme ! Comment chevaucher deux montures à la fois ? La réponse se trouve dans la parole de l’Écriture citée aux v. 4-5 : l’oracle de Zacharie (9,9) parlait du Roi “ monté sur une ânesse et sur un ânon ” qui s’accomplit ici. Entrant dans Jérusalem, Jésus s’engage sur le chemin de sa passion en pleine liberté, avec la lucidité d’un prophète. Il vient accomplir les Écritures. Le Messie pénètre dans la ville, mais sur une monture peu glorieuse, symbole d’humilité et de paix. Jésus est le roi “ doux et humble de cœur ” (11,29) qui s’offre à l’accueil ou au refus de la ville sainte.

2° Le cortège (v. 8-9) évoque une grande foule. Le contexte est celui de la fête des Tentes, marquée par l’attente de la venue du Messie. En brandissant les rameaux rituels (Lv 23,40), les pèlerins chantaient le Psaume 118, dont une acclamation est reprise ici : “ Hosanna (= Sauve donc) ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! ” Pour Matthieu, Jésus est ce Messie attendu.

3° L’entrée à Jérusalem proprement dite (v. 10-11). La réaction des habitants de la ville est plus mitigée. D’abord la ville est “ secouée ” comme elle le sera à la mort de Jésus (27,51). Matthieu met en lumière le contraste entre les villageois des environs qui acclament Jésus et les gens de la ville, sceptiques, qui ne voient en lui qu’un Galiléen fauteur de troubles. Ainsi Matthieu s’attache à dessiner, dès l’entrée à Jérusalem, les prémices de l’affrontement entre Jésus et la ville qui le refusera.