F34.3 – Baiser de Judas – Arrestation de Jésus / Bible Nouveau-Testament
Mt 26,46-54 :
46 Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »
47 Jésus parlait encore, lorsque Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple.
48 Celui qui le livrait leur avait donné un signe : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. »
49 Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! » Et il l’embrassa.
50 Jésus lui dit : « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! » Alors ils s’approchèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent.
51 L’un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui trancha l’oreille.
52 Alors Jésus lui dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée.
53 Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges.
54 Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? »
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Questions :
Commentaire :
Judas va vers Jésus en le saluant du titre de Rabbi (Mon maître), une façon révérencieuse et habituelle de saluer quelqu’un dans le monde juif, avant de l’embrasser chaleureusement, comme cela est également attesté dans le même milieu. Matthieu fait précéder cette salutation de la manière grecque de saluer, « salut (chaire) », que connaît son auditoire grec. Jésus interpelle Judas avec le titre de « ami », un terme qui est apparu dans des paraboles pour désigner des gens qui auraient dû exprimer de la gratitude pour leur maître, mais ne l’ont pas fait.
Alors que les évangiles le désignent comme celui qui « livra » Jésus, Judas demeure, dans la tradition, le traître. N’a-t-on pas donné son nom à la petite ouverture qui permet d’observer à travers une porte sans être vu ? Pourtant, que de mystères dans son action ! Rien ne la prépare : pourquoi trahit-il ? Alors que tout le monde connaît déjà Jésus à Jérusalem et sait où il est, que trahit-il ? Et que devient-il après l’embrassade : s’est-il pendu ou est-il mort au milieu d’un champ mal acquis ? Son geste déclenche le drame de la Passion. Judas est devenu à tort une figure essentielle dans la construction de l’antijudaïsme chrétien.
Mais Jésus aurait-il fait exprès de choisir celui qui allait le trahir, ou n’était-il pas assez perspicace pour apercevoir le caractère pernicieux de l’Iscariote ? Et surtout quelle est sa faute ? Mais Matthieu affirme « qu’il en soit ainsi » pour accomplir les Écritures (v. 54). La « traîtrise » serait-elle nécessaire au plan de Dieu ? Comme si trahison et salut était finalement lié ? Pour approfondir il faudrait lire en parallèle le reniement de Pierre et la trahison de Judas.