F40.4 – Jésus crucifié / Bible Ancien-Testament

Abraham offre Isaac en sacrifice

Gn 22,1-14 :  voir Jésus porte sa croix

1 Après ces événements, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! »

2 Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. »

3 Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué.

4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin.

5 Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l’âne. Moi et le garçon nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »

6 Abraham prit le bois pour l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s’en allèrent ensemble.

7 Isaac dit à son père Abraham : « Mon père ! – Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »

8 Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils. » Et ils s’en allaient tous les deux ensemble.

9 Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ; puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.

10 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.

11 Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »

12 L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »

13 Abraham leva les yeux et vit un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

14 Abraham donna à ce lieu le nom de « Le-Seigneur-voit ». On l’appelle aujourd’hui : « Sur-le-mont-le-Seigneur-est-vu. »

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Autre récit : le meutre d’Abel par Caïn : Gn 4,6-12 :

Les deux fils d’Eve : Caïn l’aîné cultivait la terre et Abel était berger. Ils présentèrent chacun une offrande à Dieu, qui préféra les premiers nés du troupeau d’Abel. Caïn était jaloux.

6 Le Seigneur dit à Caïn : « Pourquoi es-tu irrité, pourquoi ce visage abattu ?

7 Si tu agis bien, ne relèveras-tu pas ton visage ? Mais si tu n’agis pas bien…, le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer. »

8 Caïn dit à son frère Abel : « Sortons dans les champs. » Et, quand ils furent dans la campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.

9 Le Seigneur dit à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » Caïn répondit : « Je ne sais pas. Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? »

10 Le Seigneur reprit : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi !

11 Maintenant donc, sois maudit et chassé loin de cette terre qui a ouvert la bouche pour boire le sang de ton frère, versé par ta main.

12 Tu auras beau cultiver la terre, elle ne produira plus rien pour toi. Tu seras un errant, un vagabond sur la terre. »

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Commentaire :

Caïn et Abel deviennent rivaux le jour où l’un des deux fera l’expérience de l’inégalité. Dieu reconnaît en effet le sacrifice d’Abel, et pas celui de Caïn. Le texte reste aussi silencieux sur ce qui a motivé le choix partial de Dieu : il n’y a pas de raison logique à la préférence divine.
Derrière cet arbitraire divin se cache une expérience humaine quotidienne : la vie n’est pas juste, elle est toujours imprévisible et elle est faite d’inégalités qui ne sont pas toujours logiques et explicables. La colère bouillonne en Caïn. Pourtant Dieu ne le rejette pas Il lui parle, et l’exhorte à ne pas se soumettre au péché, terme qui apparaît pour la toute première fois dans la Bible ! Car le premier péché, c’est de laisser libre cours à la violence ! Mais Caïn n’arrive pas à gérer cette colère qui monte en lui. Il essaye pourtant de parler à son frère. Le meurtre est donc lié à l’incapacité des deux frères à communiquer. Le désarroi de Caïn : il vient de réaliser la portée de son geste et reste stupéfait : suis-je le gardien de mon frère (comme la plupart des meurtriers qui ne préméditent par leur geste). Il ne sait pas comment affronter l’irruption de la violence, que ce soit dans sa vie ou dans la civilisation (c’est le premier meurtre).
Lorsque le mal n’est pas maîtrisé en soi il s’exprime à l’extérieur de soi en violence.

Moïse élève un serpent de bronze pour guérir des morsures des serpents

Nb 21,6-9 :

6 Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël.

7 Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, 8 et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! »

9 Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

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Commentaire :

Le serpent possède un caractère très ambigu. Il est à la fois considéré comme symbole de vie et de mort, de sagesse et de chaos. Cette ambiguïté du serpent se manifeste le mieux dans sa double symbolique de donateur de vie et de messager de mort. L’apparente opposition met en lumière la dimension complémentaire de ces deux dimensions. Son fondement se trouve dans la proximité du serpent avec la terre, dans son habileté à muer et à se fabriquer une nouvelle peau, d’une part, mais aussi dans la frayeur que provoquent ses morsures mortelles.

Quand Dieu demande à Moïse d’ériger un serpent d’airain pour contrer les effets mortels de ces « serpents brûlants », le texte des Nombres évoque une ancienne tradition égyptienne qui était alors connue par les Israélites. Compréhensible, puisqu’ils sortaient d’Égypte. Le serpent d’airain est défini comme signe de salut. Cependant la littérature synagogale précise que ce n’était pas le serpent qui guérissait, mais la foi de celui qui levait les yeux vers le Père céleste. Jean dans son Évangile mettra en parallèle le serpent d’airain et l’élévation de Jésus en croix. «De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » (3,14-15)

 

David : Ps 21,17-19 : Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m’entoure. Ils me percent les mains et les pieds ; je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.

Job : Jb 41,1 : Vois, la témérité est illusoire : rien qu’à son aspect, n’est-on pas terrassé ?

Isaïe : Es 53,7 : Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche.

Habaquc : Ha 3,4 : Son éclat est pareil à la lumière ; deux rayons sortent de ses mains : là se tient cachée sa puissance. [