F35.3 – Judas se pend / Bible Nouveau-Testament
Mt 27,3-5
3 Alors, en voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ; il rendit les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens.
4 Il leur dit : « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Que nous importe ? Cela te regarde ! »
5 Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre.
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Commentaire :
Ce passage est profondément significatif et met en lumière plusieurs thèmes :
1. Le remords de Judas
Judas éprouve des remords après la condamnation de Jésus, réalisant qu’il a « livré un sang innocent. » Ce sentiment de culpabilité montre que, malgré son acte, Judas est conscient du poids de sa faute. Cependant, son remords n’aboutit pas à une vraie repentance ou au pardon : il retourne aux chefs religieux, mais, au lieu de demander pardon à Dieu, il tente de se décharger de sa faute en leur remettant l’argent. Contrairement à Pierre, qui trouve le pardon après avoir renié Jésus, Judas se laisse submerger par la culpabilité sans chercher la réconciliation avec Dieu.
2. L’attitude des grands prêtres
Les grands prêtres et les anciens sont indifférents à la confession de Judas, disant : « Que nous importe ? Cela te regarde ! ». Ils refusent de prendre la responsabilité du sort de Jésus ou de celui de Judas. Ce rejet montre leur hypocrisie : après avoir utilisé Judas pour atteindre Jésus, ils ne se soucient ni de lui ni de sa conscience, se concentrant uniquement sur leurs intérêts. Ce comportement met en lumière le danger du cynisme et de la manipulation des autres sans compassion.
3. Le rejet des trente pièces d’argent
En jetant les pièces d’argent dans le Temple, Judas semble chercher à se débarrasser du symbole de sa trahison. Ce geste exprime un rejet de l’argent, qui n’a pas apporté le bonheur ou la satisfaction qu’il attendait. Les trente pièces d’argent deviennent un symbole de la vanité des gains matériels obtenus au prix de la trahison, renforçant l’idée que l’argent ne peut jamais racheter la paix de l’âme. Judas retourne alors ce prix du sang aux grands prêtres, comme pour se libérer de son péché, mais il ne trouve pas la rédemption.
4. Le désespoir de Judas
Ne trouvant ni consolation ni rédemption, Judas se laisse submerger par le désespoir et met fin à ses jours. Ce suicide, en contraste avec le pardon que Pierre reçoit, illustre les conséquences tragiques d’un remords qui n’aboutit pas à la repentance ni à la recherche de Dieu. Judas, isolé par sa culpabilité, se prive de la possibilité de la réconciliation et du pardon.
Dimension spirituelle
Ce passage révèle l’importance de la manière dont nous faisons face à nos fautes. La culpabilité de Judas n’est pas en elle-même rédemptrice ; seule une repentance sincère, tournée vers Dieu, peut apporter le pardon et la paix. En outre, le sort de Judas nous rappelle que les biens matériels ou les ambitions personnelles, lorsqu’ils sont poursuivis aux dépens des valeurs spirituelles, mènent souvent à la désillusion et à la souffrance.
L’Évangile, en montrant le destin de Judas, invite les croyants à choisir le chemin de la réconciliation plutôt que celui du désespoir. Ce passage montre également la profondeur de la miséricorde divine, toujours disponible même dans les moments les plus sombres, et appelle chacun à chercher le pardon de Dieu, quel que soit le poids de la faute commise.