A7. La chute des idoles / Nouveau-Testament

Aucun évangile ne parle de ce récit. Seul un apocryphe (évangile non reconnu dans le canon des Ecritures), le pseudo Matthieu en parle :

(32,2) Et remplis de joie et d’allégresse, ils entrèrent dans une des villes nommée Sohennen [Sotinen pour P]. Et comme ils n’y connaissaient personne chez qui loger, ils entrèrent dans un temple qui était appelé le capitole (capitolium) de cette ville d’Égypte. Dans ce temple étaient placées 365 idoles auxquelles chaque jour (singulis diebus) les honneurs divins étaient rendus par les impies.
(33) Or, aussitôt que Marie entra dans le temple avec le petit enfant, il advint que toutes les statues se renversèrent, et toutes ces idoles gisant face contre terre révélèrent clairement qu’elles n’étaient rien. Alors fut accomplie la parole du prophète : « Voici que le Seigneur viendra sur une nuée légère, et tous les ouvrages des Égyptiens s’écarteront devant sa face (Ecce dominus ueniet super nubem leuem et mouebuntur a facie eius omnia manufacta Aegyptiorum). »
(34) Quand on eut porté cette nouvelle à Afrodisius [P lui donne le titre de chef de la ville : duci ciuitatis], il vint au temple avec toute son armée et avec tous ses amis et compagnons. Tous les grands prêtres du temple espéraient qu’il ne dirait rien contre ceux qui avaient causé la chute (= des idoles) [Dans la famille P, les grands prêtres pensent que le gouverneur va sévir contre ceux qui avaient causé la chute des statues]. Et lui, étant entré dans le temple et voyant que ce qu’il avait entendu était vrai, s’approcha aussitôt de Marie et adora l’enfant que Marie portait dans son giron tel un maître. Et après l’avoir adoré, il s’adressa à toute son armée et à tous ses amis, et il dit : « Si celui-ci n’était pas le seigneur de nos dieux que voici, ceux-ci ne se seraient pas prosternés devant lui, et étendus par terre en sa présence, ils ne témoigneraient pas qu’il est leur Seigneur. Nous autres donc, si nous ne prenons pas la précaution de faire ce que nous voyons nos dieux en train de faire, nous courons tous le risque de provoquer son indignation et nous périrons tous, comme cela est arrivé au Pharaon, roi des Égyptiens, qui régnait en ces jours où Dieu fit de grands miracles en Égypte et fit sortir son peuple par la force de sa main. (trad. J. Gijsel, 1997, p. 472-480 passim)

* Édition critique complète : Pseudo-Matthaei Evangelium. Textus et commentarius cura Jan Gijsel, Turnhout, 1997, 520 p. (Corpus Christianorum. Series apocryphorum, 9).
* Traduction française, avec introduction et notes, du même Jan Gijsel, Évangile de l’Enfance du pseudo-Matthieu, dans Écrits apocryphes chrétiens, t. 1, Paris, 1997, p. 105-140 (Bibliothèque de la Pléiade, 442)

Pour une étude détaillée de cet épisode : La Chute des Idoles au passage de Jésus